Auteur/autrice : mochiadmin

Un mochi fourré d’une fraise fraîche
En cette période bénie des débuts du mois de mai, où les oiseaux chantent, les lilas embaument et les fraises arrivent sur les étalages, je vous propose une recette d’ichigo daifuku, ces fameux mochi fourrés d’une fraise fraîche. Au Japon, vous en trouverez parfumé le plus souvent à l’anko, cette crème de haricot rouge divinement soyeuse. Ici, il s’agit d’une variante à l’amande et au matcha, qui n’ira pas sans rappeler le goût délicieux d’une bonne tarte à la fraise réalisée avec une pâte sablée à l’amande.
Pour les réaliser, on mélange d’abord de la poudre d’amande, du sucre et du matcha, et on amalgame avec de l’eau. Puis on divise en 6 boules que l’on aplatit, pour ensuite enrober une fraise. Je vous conseille de choisir de petites fraises goûtues, ici il s’agit de garriguettes. Une fois vos fraises enrobées, vous pouvez faire votre pâte à mochi : vous avez le choix de la cuire au micro-onde ou à la vapeur. Puis vous diviser la pâte en 6, vous saisissez un pâton que vous aplatissez, avant de le garnir d’une fraise. Pour fermer, il suffit de pincer la pâte, un peu comme un gyoza. Attention, de bien mettre la pointe de la fraise au centre du paton avant de refermer, et de poser ensuite le mochi sur sa base. De cette manière, lorsque vous découperez l’enveloppe bien moelleuse de vos ichigo daifuku, vous aurez au cœur une fraise parfaitement placée et coupée.

Ichigo daifuku, la recette
Ingrédients (pour 6 pièces)
– 6 petites fraises lavées et équeutées.
– La pâte à mochi : 80g farine de riz gluant, 70g sucre de canne, 140g d’eau.
– La pâte d’amande au matcha : 90g poudre d’amande, 45g sucre, 1 pincée de fleur de sel, 35g d’eau (environ), 1 cuillère à café de matcha + un peu pour saupoudrer.
– Fécule de maïs ou de tapioca
1. Mélangez les ingrédients de la pâte d’amande en finissant par l’eau pour obtenir une pâte homogène. Toute l’eau ne sera peut-être pas nécessaire, ou inversement peut-être en faudra-t-il davantage. Divisez en 6 parts et roulez en boule.
2. Avec les mains légèrement humides, saisissez une boule, aplatissez-la et déposez au centre une fraise, refermez la pâte d’amande autour. Enveloppez ainsi toutes les fraises.
3. Fabriquez la pâte à mochi : dans un bol en verre ou porcelaine, mélangez les ingrédients et couvrez d’une assiette. Faites cuire 35min à pleine vapeur, en déposant le bol dans le panier. Cuisson micro-onde : faites cuire 1min30, sortez le bol et mélangez puis cuisez à nouveau 1min40. À l’aide d’une corne pâtissière, raclez les bords pour forme une boule, puis faites-la glisser sur une assiette préalablement saupoudrée de fécule. Saupoudrez de fécule et laissez refroidir 5min.
4. À l’aide d’une paire de ciseaux, divisez la pâte en 6 parts, saisissez un pâton avec vos mains et aplatissez-le avec la pulpe des doigts. Utilisez de la fécile pour éviter les adhérences.
5. Placez une fraise au centre, côté pointe placée au centre. Refermez en ramenant les bords et en les pinçant entre eux sous la base, un peu comme un gyoza. Déposez la fraise enrobée de mochi coté base, et faites-la tournez en appuyant un peu comme sur un tour de poterie pour lui donner une jolie forme et la stabiliser. Procédez de même pour les autres. 6. Saupoudrez d’un peu de matcha. Dévorez dans la journée, le lendemain au plus tard !

Du chocolat blanc au matcha fourré au sésame noir pour célébrer Pâques, ça vous dit ? La nature ne sera jamais d’un vert aussi vibrant qu’en ce moment. De jour en jour, les toutes jeunes feuilles se déploient, comme un origami inversé. Et peu à peu, l’arbre s’auréole d’un halo vert vibrant.
Pour réaliser cette recette, il vous faudra d’abord faire le cœur en mélangeant de la pâte de sésame noir avec du sirop d’érable et de la poudre d’amande. Puis vous roulez en boulettes et vous congelez. Il vous suffira ensuite de les tremper dans du chocolat blanc fondu mélangé à du matcha. Pour donner à vos œufs leur aspect moucheté, l’astuce et de mélanger un peu de poudre de cacao à de l’eau, puis d’en projeter sur les œufs à l’aide d’un pinceau.
Œufs de Pâques matcha et sésame noir
Ingrédients
Pour une douzaine
Farce : 70g purée de sésame noir, 50g sirop d’érable, 70g poudre d’amande, une pincée de fleur de sel.
Enrobage : 160g chocolat blanc pâtissier, 1 cuillère à café de matcha. 1 cuillère à café de cacao amer, 1 cuillère à soupe d’eau.
Matériel : cure-dents, plaque garnie de papier sulfurisé
1. Mélangez les ingrédients de la farce : vous devriez obtenir une texture facile à modeler. Mais si elle vous paraît trop souple, ajoutez un peu de poudre d’amande. Si inversement elle vous paraît trop sèche, ajoutez un petit peu d’eau.
2. Formez des boulettes d’environ 18g chacune, et aplatissez-les légèrement pour leur donner une forme ovale. Posez sur une assiette et congelez 30min.
3. Faites fondre le chocolat blanc au bain marie, puis retirez du feu et ajoutez le matcha, mélangez jusqu’à ce qu’il soit incorporé.
4. Sortez vos œufs du congélateur, piquez une extrêmité avec un cure dent puis trempez dans le chocolat blanc et tournez pour l’enrober complètement. Laissez s’égoutter le chocolat puis déposez sur une plaque garnie de papier sulfurisé.
5. Faites le mouchetage : mélangez cacao et eau, puis à l’aide d’un pinceau arrosez les œufs comme si vous les bénissiez avec de l’eau !
Laissez prendre 1h au frigo, vos oeufs sont prêts à être dégustés et ils se conserveront une semaine au frigo.
Dans cet épisode, Mathilda Motte a la joie d’inviter Clément Dupuis, un authentique amoureux fou du Japon, qui y a vécu 4 années, l’une à Okinawa dans le cadre de ses études, et les 3 autres à Tokyo au bureau du CNRS, le Centre national de la recherche scientifique. Clément a également récemment lancé son propre podcast sur Okinawa appelé « Fascinant Okinawa » que nous vous recommandons.
Dans cette interview, nous allons donc parler des bonnes stratégies pour partir vivre au Japon, et d’Okinawa, cet archipel dans l’archipel nippon, qui est une destination à laquelle on ne pense pas assez selon Clément. Episode 37, c’est parti !

Le petit questionnaire Tsukimi :
- Son plat japonais salé préféré : les tempura de kabocha.
- La douceur japonaise qu’il aime par-dessus tout : les crêpes en cônes fourrées du quartier de Arajuku.
- Son goût ou parfum préféré : le parfum du sanpincha, le thé au jasmin d’Okinawa.
- S’il était un goût ou un parfum japonais : celui au yuzu, à la fois acidulé et doux pour un agrume.
- Sa saison préférée : l’automne.
- Sa bonne adresse autour du Japon en France : le restaurant de sushi Tsukizi, 2 bis rue des Ciseaux, 75006 Paris.
- Sa bonne adresse au Japon : une guesthouse à Okinawa : Amayura, 508-22 Haemi, Taketomi, Yaeyama District, Okinawa 907-1434.
- Son mot japonais préféré : « Komorebi » qui désigne la lumière du soleil brillant à travers les arbres.
- Son conseil lecture : « L’Eté de la sorcière » de Kaho Nashiki, Editions Picquier.
- Son invitée : Lauriane Jagault, spécialiste en communication interculturelle et accompagnement de projets artistiques au Japon.
Références :
- Son compte Instagram : @fascinant.okinawa
- Son podcast : « Fascinant Okinawa »
- Hara hachi bun me (腹八分目, littéralement « la règle du ventre à 80 % »), est un principe japonais indiquant aux personnes de modérer la quantité d’aliments ingérés pour des questions de santé. Elle consiste principalement en ne manger que jusqu’à ce que l’on se sente repu à 80 %.
- V.I.E. Volontariat international en entreprise ou organisation : service civique mis en place par l’Etat français pour encourager l’activité des jeunes et des entreprises à l’étranger. La tranche d’âge concernée est de 18 à 28 ans. Plus d’information sur le site mon-vie-via.businessfrance.fr
- Nomikai : littéralement « réunion pour boire » et désigne les soirées que font les Japonais pour se détendre, le plus souvent dans le cadre du travail.
- Omotenashi : l’hospitalité à la japonaise.
- Le parc Showa Kinen à Tokyo, où admirer les ginkgo à l’automne.
- Icho Namiki : l’allée de ginkgo dont parle Mathilda, près du parc Meiji Jingu Gaien.

Pour poursuivre la série des recettes printanières, voici un caramel parfumé au cerisier. L’astuce est d’utiliser un thé fleuri (ici notre thé sakuracha) que vous ferez infuser dans votre crème avant de réaliser le caramel. Le deuxième astuce est celui de la merveilleuse pâtissière Ophélie Barès, qui ajoute quelques carrés de chocolat en fin de recette à son caramel, pour lui donner une texture encore plus crémeuse et saveur encore plus ronde.
Caramel
Pour 1 flacon
Temps de préparation : 15 minutes
Matériel
Une casserole
Une petite passoire
Ingrédients :
– 100g sucre
– 180g crème liquide de soja
– 20g chocolat au lait de couverture
– 1 cuillère à soupe du thé de votre choix
– une pincée de fleur de sel
- Dans une casserole, mélangez la crème et le thé. Faites chauffer jusqu’à frémissements, coupez le feu et laissez infuser 5min. Puis égouttez.
- Dans une petite casserole, versez le sucre et mettre sur feu vif. Lorsque sur les bords le sucre commence à fondre, mélangez pour l’aider à fondre de manière homogène (contre les idées reçues, cela ne va pas faire rater votre caramel, mais lui permettre de ne pas brûler !).
- Lorsque le sucre est fondu, mettre sur feu doux et versez la crème tout en mélangeant au fouet. Mélangez quelques minutes pour que tout soit bien fondu. Hors du feu, ajoutez la fleur de sel et le chocolat.
Versez un récipient, il est prêt à enrober vos hanami dango ou tout autre dessert de votre choix. Délicieux printemps à vous !
Voyez aussi ces recettes de ichigo daifuku, ou de mochi cake !

La langue japonaise regorge de mots pour s’émerveiller de la nature. Et il y existe toute une série qui se finit par « mi » décrivant le fait d’admirer quelque chose : il y a yukimi, admirer la neige, tsukimi, admirer la lune, ou encore hanami pour admirer les fleurs. Avec le suffixe o, o-Hanami est une pratique très populaire au Japon qui consiste à admirer les arbres en fleurs tout en grignotant et buvant des choses délicieuses. On s’installe sous les arbres entre amis, et on refait le monde sous une pluie de pétale.
Au Japon, à l’approche du printemps, on observe une floraison de denrées aux couleurs rose, vert et blanc, parmi lesquelles les hanami dango, et qui sont préciséments l’une des douceurs que l’on déguste pendant o-hanami. Ce sont des boulettes de mochi colorées et montées en brochette, que l’on déguste nature ou accompagné d’une sauce caramélisée (recette à suivre 🙂
Hanami dango
Pour 6 brochettes
Temps de préparation : 30 minutes
Matériel
Une casserole
6 pics à brochette
Ingrédients :
– dango rose : 30g farine de riz gluant, 5g sucre, 25g d’eau (environ), 1 pointe de couteau de colorant rouge
– dango vert : 30g farine de riz gluant, 5g sucre, 25g d’eau (environ), 1/2 cuillère à café de matcha
– dango blanc : 30g farine de riz gluant, 5g sucre, 25g d’eau (environ).
- Dans trois bols séparés, mélangez les ingrédients et finissez par l’eau en y allant en plusieurs fois : en fonction de l’humidité ambiante, toute l’eau ne sera peut-être pas nécessaire ou inversement en manquera-t-il un peu. L’important, est d’obtenir une pâte à la texture de pâte à modeler, adéquate pour former des boulettes.
- Formez 6 boulettes d’environ 11g avec chaque préparation. Avec la pulpe du doigt, appuyer sur chacune des boulettes pour créer un léger creux au centre, ce qui leur permettra d’être bien moelleuses.
- Portez de l’eau à petite ébullition dans une casserole. Plongez-y les boulettes par fournées de 6 en commençant par les blanches pour qu’elles ne risquent pas d’être colorées. Laissez cuire 5 minutes puis retirer délicatement à l’aide d’un écumoire.
Versez dans un bol, et laissez refroidir 5min. Montez en brochette en alternant les couleurs, et déguster sans attendre dans la journée !
Découvrez également nos recettes de uguisu mochi, ichigo daifuku, mochi cake, et bien d’autres encore !

Saviez-vous que Hawaï avait sa spécialité de mochi ? On l’appelle butter mochi, c’est un gâteau à base de lait de coco, de farine de riz gluant, de beurre et d’œuf. Sa texture évoque celle du far breton je trouve, avec quelque chose de plus élastique apporté par le riz gluant. En voici une recette végétale, aux couleurs des primevères qui fleurissent un peu partout en ce moment. Si vous souhaitez une recette de mochi simple et efficace, celle-ci est pour vous. Il suffit de mélanger les ingrédients secs, puis d’ajouter le lait, ainsi que le chocolat blanc et l’huile de coco fondue avant de mettre au four une quarantaine de minutes. Vous pouvez le parfumer de plein de manières, mais ici j’ai opté pour du matcha, et j’ai ajouté un petit effet marbré en colorant une partie de la pâte en rose. Le résultat est incroyablement élastique, et délicieux aussi bien tiède que froid !

Mochi hawaïen
Pour 1 moule carré de 20cm de côté
Temps de préparation : 20 minutes
Matériel
Un four
Ingrédients
240g farine de riz gluant
380ml lait de soja (ou autre de sa préférence)
110g sucre
70g huile de coco
80g chocolat blanc
120g yaourt (soja, brebis ou vache)
10g matcha
1/2 cuil. à soupe d’extrait de vanille
1 cuil. à café de poudre à lever
facultatif : colorant rouge naturel
- Préchauffez le four à 150°C. Mélangez les ingrédients secs : farine de riz gluant, sucre et poudre à lever. Si vous ne faites pas le décor marbré, ajoutez également le matcha, sinon ne l’ajoutez pas encore.
- Faites fondre au bain-marie le chocolat blanc et l’huile de coco. Ajoutez aux ingrédients secs en mélangeant au fouet, puis ajouter le chocolat et l’huile de coco fondus.
- (Facultatif) Faites le décor marbré : prélevez l’équivalent de 2 louches de la préparation et ajoutez un peu de colorant rouge pour la colorer de rose. Prélevez une louche du reste de la préparation, et mélangez dans un bol à part avec le matcha, puis mélangez avec le reste. Versez le gâteau dans un moule préalablement graissé ou garni de papier sulfurisé. Versez la préparation au matcha, et ajoutez la préparation rose à la cuillère à soupe à différents endroits. Avec le manche de la cuillère, plongez dans la préparation et tracez des volutes pour faire l’effet marbré.
- Enfournez et laissez cuire 45min, en vérifiant la cuisson en sortie de four : plongez la lame d’un couteau, si elle ressort sèche c’est que c’est bon. Sinon, prolongez la cuisson.
Laissez refroidir, et dégustez tiède ou froid. S’il vous en reste le lendemain, remettez au four une vingtaine de minutes pour « rafraîchir » la croûte. Itadakimasu !
Découvrez également nos recettes de uguisu mochi, ichigo daifuku, ohagi mochi, et bien d’autres encore !
Pour cet épisode de mars, nous parlons de Sen no Rikyū, celui que l’on considère comme le plus grand maitre du thé de tous les temps, et qui s’est donné la mort à 70 ans sur ordre du seigneur de guerre Hideyoshi, qu’il servait. Allons à sa rencontre le temps de cet épisode : Sen no Rikyu a vécu au XVIe siècle, de 1522 à 1591, il est le contemporain de Oda Nubunaga, le seigneur samouraï dont nous avons parlé dans l’épisode dernier, celui qui a introduit les armes à feu sur le champs de bataille.
Rikyu va d’ailleurs devenir son maître de thé, ainsi que celui de son successeur Hideyoshi. Avec Ieyasu, ils sont surnommés les trois grands unificateurs du Japon, qui à l’issue de combats acharnés, ont uni le pays. Mais plutôt que le bushido, la voie du guerrier, Sen-no-rikyu s’est consacré tout entier à la voie du thé, le sado. Comme le bushido, le sado est une voie d’accomplissement qui dépasse largement la simple préparation d’une boisson. Ce faisant, il a révolutionné l’esthétique japonaise et a développé un mode de vie basé sur la simplicité, l’humilité et la spiritualité. Son approche connue sous le nom de wabi-cha a marqué non seulement la cérémonie du thé, mais aussi l’art, l’architecture et la pensée zen au Japon.

Sen-no-Rikyu par Tōhaku Hasegawa (1539-1610).
Comment Sen-no-Rikyu a-t-il réussi à jouer un rôle si important aux yeux de ses contemporaines et dans l’histoire du Japon, lui qui était juste maitre de thé ? Qu’est ce qui a amené Hideyoshi à ordonner la mort de Riyuku qui était son serviteur et confident ? Et pourquoi la voie du thé est-elle si importante pour comprendre la culture japonaise ? Voici quelques unes des questions auxquelles nous allons tenter ici de répondre.
Références :
- Le Maître de thé, de Yasushi Inoué.
Vocabulaire :
- Chanoyu, littéralement « eau chaude pour le thé » est un des noms utilisés pour désigner la cérémonie du thé. On utilise aussi sado.
- Kaiseki ou cha-kaiseki : repas léger servi avant la cérémonie du thé.
- Wabi évoque les notions de simplicité, de nature et de mélancolie.
- Sabi quant à lui évoque l’altération par le temps, la décrépitude des choses vieillissantes, la patine des objets, le goût pour les choses vieillies, pour la salissure. D’ailleurs le caractère sabi (寂?) est gravé sur la tombe de l’écrivain Junichirō Tanizaki, auteur du fameux Eloge de l’ombre, et qui est enterré dans le temple Hōnen-in à Kyoto.
Pour cette interview de mars, Mathilda Motte a le plaisir de recevoir Hugo Chaise, que les amateurs de fermentation connaissent certainement. Car sous le nom de My Fermentation, Hugo fabrique et commercialise de somptueux miso, des kombucha, du tamari et encore bien d’autres ovnis culinaires fermentés. Lorsque notre fondatrice rencontra Hugo Chaise il y a quelques années, elle fut marquée par son enthousiasme : et il y a de quoi, car c’est proprement fascinant de voir comment un produit se transforme et devient tout autre sous l’effet de la fermentation et du temps ! Cet ancien rugbyman a découvert cette magie au Japon où il décide de partir en 2017. Nous allons parler dans cet entretien de son expérience là-bas, mais aussi et évidemment de cuisine et de fermentation. Episode 35, c’est parti !

Le petit questionnaire Tsukimi :
- Son plat japonais salé préféré : le tonkatsu.
- La douceur japonaise qu’il aime par-dessus tout : dorayaki haricot rouge et beurre.
- Son goût ou parfum préféré : l’umeboshi, cette prune fermentée.
- S’il était un goût ou un parfum japonais : la bonite séchée.
- Sa saison préférée : l’automne.
- Sa bonne adresse autour du Japon en France : Okomosu, 11 rue Charlot 75003 Paris.
- Sa bonne adresse au Japon : une bonne adresse de Dorayaki à Asaksusa au Japon : https://fr.tripadvisor.ch/Restaurant_Review-g14134311-d26209461-Reviews-Dorayaki_Dorayama- Asakusa_Taito_Tokyo_Tokyo_Prefecture_Kanto.html
- Son mot japonais préféré : Otsukaresama.
- Son conseil lecture : Les Délices de Tokyo.
- Son invité : Pascal Barbot.
Références :
- Son compte Instagram : @my.fermentation
- Le site de My Fermentation : https://www.my-fermentation.com/
- Le livre sur le pèlerinage de Shikoku : « Comme une feuille de thé à Shikoku » de Marie Edith
Laval. - Deux brasseries de shoyu que Hugo Chaise vous recommande : Yuasa Soy sauce company à
Wakayama, et Kanena Miso Soy Sauce company à Miyazaki.
Le samouraï est la figure la plus emblématique du Japon. Elle est si mythique qu’il n’est pas facile de l’exhumer de son passé. On en a fait un être cruel ou bien un saint, un fou idéaliste et un fin politicien, un cul-terreux et un aristrocrate de haute lignée, un serviteur et un puissant.
Quelle est la différence entre un guerrier classique et un samouraï ? Comment le samouraï en est-il venu à dominer la scène politique du Japon médiéval ? Et dans quelle mesure la culture samouraï infuse-t-elle encore la société japonais actuelle ? Voici les questions auxquelles nous allons tenter de répondre dans cet épisode. Nous parlons de Tomoe Gozen, femme samouraï. Et de la légende des 47 rônins, ces samouraïs sans maître qui se sacrifièrent pour laver l’honneur de leur défunt maître.

Mitsugorô II (1750-1829), acteur sous ce nom de 1785 à 1799, interprète le rôle d’un rônin, un samuraï sans maître, par Utagawa Toyokuni (1769-1825)
Références :
- Histoire du Japon, Edwin O. Reischauer.
- Le Japon éternel, Nelly Delay.
- « Préjugé ! Les Japonais sont suicidaires », France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/histoire-des-prejuges/prejuge-les-japonais-sont-suicidaires-3663325
- Statistiques taux de suicide dans le monde : https://fr.statista.com/statistiques/1356903/taux-mortalite-pays-monde/
- Les 47 Ronins, exposition d’estampes du Musée d’Histoire de Nantes : https://www.chateaunantes.fr/wp-content/uploads/2020/12/DP-47ronin-2017HD.pdf
- Quelle est la différence entre un seppuku et harakiri ? https://www.caminteresse.fr/histoire/quelle-est-la-difference-entre-seppuku-et-harakiri-11197394/
- Estampe illustrée : par Utagawa Toyokuni (1769-1825), Mitsugorô II (1750-1829), acteur sous ce nom de 1785 à 1799, interprète le rôle d’un rônin, un samuraï sans maître. https://essentiels.bnf.fr/fr/image/dc090111-52e8-4000-8bd3-88fa37549011-bando-mitsugoro-ii-dans-role-un-ronin
Le terme « samouraï » vient du verbe japonais « saburau », qui signifie « servir ». Ce terme est mentionné pour la première fois dans un texte du xe siècle, mais ce n’est qu’à partir du 17e siècle qu’il est utilisé dans le sens où on l’entend aujourd’hui, c’est à dire un guerrier noble pourvu de codes moraux stricts.
Au départ donc, autour des 4e-5e siècle, il y a des guerriers, appelés « bushi », dont la fonction est de défendre le clan. Le clan regroupe des membres rassemblés sous l’autorité d’un chef héréditaire. Ce sont les liens du sang qui dans un premier temps lie tous les membres, puis peu à peu, le clan intègre plus largement ses membres pour former une communauté avec différents corps de métier. A partir du 7e siècle, les seigneurs de ces premiers clans vont devenir des hauts dignitaire et rejoindre la Cour à Nara puis Heian, l’ancien nom donné à Kyoto. Pour gérer les affaires locales, ces seigneurs vont nommer des intendants parmi les chefs de plus petits clans qui sont sous leur autorité. Ces intendants devant faire face à de nombreuses attaques et révoltes notamment face aux impôts, s’entourent de guerriers et s’entraînent eux-même au combat afin de les guider.
De sorte qu’au 8e siècle, on aboutit à deux profils de seigneurs : le haut-dignitaire, un aristocrate épris de poésie aux mille raffinements et dont le modèle est le Genji, héros du récit de Murasaki Shikibu, et d’autre part le chef provincial qui est aussi un combattant. Le pinceau pour l’un, le sabre pour l’autre.
Pendant quelques temps, ces deux seigneurs s’aident mutuellement : le haut-dignitaire apporte sa légitimité et son prestige au chef provincial, tandis que celui-ci défend ses biens. Mais à partir du 11e siècle, un glissement de pouvoir s’effectue entre les deux figures. Et au moment même où les aristocrates de la capitale sont occupés à jeter les bases d’une civilisation originale dans les arts, la vie politique et économique du pays commencent à leur échapper. Car pendant qu’ils consacraient toute leur énergie aux arts, à la poésie, au libertinage et à l’étiquette de la cour, les seigneurs des provinces acquièrent l’expérience pratique des affaires, gèrent avec soin leurs domaines et apprennent à se passer des directives de la capitale.
Ce qui va faire définitvement basculer le Japon dans le système féodal dominé par le samouraï, ce sont les multiples conflits successoriaux qui vont au 13e siècle opposer les deux grands clans de l’époque, chacun soutenus par des hauts-dignitaires en désaccord. Il s’agit du clan de Minamoto établi dans le Kanto, et du clan de Taïra. Je vous passe les détails, mais le conflit finit en guerre civile appelée La guerre de Genpei qui s’étent de 1180 à 1185. Le chef du clan Minamoto l’emporte, et déplace le centre du pouvoir à Kamakura où il se fait appeler d’un nom que vous avez certainement déjà entendu : shogun.
Pendant cette période de conflit, la figure du samouraï se cristallise et s’élève pour devenir un modèle dominant. C’est à cette période que s’illustrent les samouraïs les plus légendaires, parmi lesquels je ne résiste pas à vous citer une femme samouraï du nom de Tomoe Gozen.
Personne ne sait exactement quand est née et quand est morte cette femme guerrière, et sa vie a été tant de fois reprise dans les légendes populaires qu’il est aujourd’hui impossible de distinguer la vérité de la légende.
Tomoe Gozen était surtout connue pour son habileté au combat, sa bravoure et sa loyauté. Selon les récits historiques et les légendes, elle était-une redoutable cavalière et archère. Il est souvent dit aussi qu’elle était d’une beauté exceptionnelle, mais c’est sa force et son talent martial qui la distinguent dans les chroniques. Tomoe Gozen aurait été au service de Yoshinaka, un général du clan Minamoto, avec qui est aurait eu une liaison. Dans la guerre de Genpei, elle aurait pris part à plusieurs batailles importantes, et aurait tué de prestigieux ennemis en duel, dont un célèbre général du clan Taïra, celui qui sortira perdant du conflit. Certaines versions de l’histoire prétendent même qu’elle aurait tué un samouraï géant en combat singulier, puis l’aurait décapité comme il était de coutume à l’époque lorsqu’on vainquait un ennemi illustre. Ce qu’il advint de Gozen après la guerre n’est pas clair. Certaines versions disent qu’elle serait morte sur le champ de bataille aux côtés de son amant Yoshinaka tandis que d’autres disent qu’elle a été vue fuyant le champ de bataille en emportant une tête, peut-être celle de Yoshinaka, à moins que ce fût celle d’un ennemi. Ensuite elle se serait jetée dans l’océan avec la tête, à moins qu’elle ne soit devenue une religieuse bouddhiste.
Ce qui transparait dans la flamboyante équipée de Tomoe Gozen sont les valeurs de courage, d’une certaine férocité, et de loyauté. Ces valeurs sont au cœur de l’éthique samouraï appelée bushido.
Le bushido qui signifie « la voie du guerrier » est un code destiné à régler selon l’honneur le comportement des guerriers dans les batailles et plus largement pendant toute leur existence. Le terme « Bushido » rassemble en effet les termes « bushi » qui signifie guerrier, et « do » que l’on retrouve aussi dans « sado », la voie du thé, et qui évoque une idée de vocation, de chemin de vie. On comprend ici que le bushido n’est pas seulement un code d’honneur, mais une manière de communier avec le sacré, de se transcender pour toucher l’essence de l’existence. En ce sens, c’est une voie d’ascèse et de dépouillement qui va jusqu’au sacrifice, comme l’illustre la légende des quarante-sept rônins, qui est basée sur des faits réels.
Le récit rapporte l’histoire de Asano, un seigneur qui en 1701, à la suite d’une grave insulte reçue de Kira, un haut fonctionnaire de la cour du shogun, dégaine son sabre et blesse l’homme qui a terni son honneur. L’usage du sabre étant interdit dans l’enceinte du château, les autorités le condamnent à ses suicider en confisque son domaine. Ses anciens vassaux perdent par ricochet leur statu de samouraï et les privilèges qui s’y rattachent, ils deviennent des rônin, c’est-à-dire des samouraïs déclassés ne relevant d’aucun maître. 47 d’entre eux font le vœu de venger leur maître. Mais sachant qu’ils sont surveillés, ils patientent pendant 2 années. Leur chef Ôishi Kuranosuke affiche aux yeux de tous une vie de déchauché destinée à écarter les soupçons qui pèsent sur lui. Finalement, par une nuit de neige le 30 janvier 1703, les 47 ronins se regroupent à Edo, s’introduisent dans la demeure et décapent Kira. Puis il se rendent au temple Sengaku d’Edo, où est enterré Asano, pour lui présenter la tête de son ennemi. Ils se livrent ensuite aux autorités qui, après délibération le 4e jour du 2e mois de l’an 16 (le 20 mars 1703) leur accorde le droit d’expier leur crime honorablement en se faisant seppuku, un mode de suicide dont nous allons reparler.
Simple fait divers, cette histoire connait un fort retentissement auprès de l’opinion publique qui la célébre comme l’ultime expression du bushido. Malgré la censure shogunale, l’histoire fut reprise dans les théâtres de Bunraku, le théâtre de marionnettes, et de Kabuki.
S’il est un acte qu’on a retenu au sujet des samouraï, c’est donc bien celui du seppuku, cet acte qui consiste à se suicider en s’ouvrant le ventre. On le connaît aussi sous le nom de harakiri, mais le terme est plus utilisé dans le langage courant, tandis que seppuku est plus adapté à la langue écrite. Mais savez-vous précisément en quoi se faire seppuku consiste ? Oreilles sensibles, c’est maintenant qu’il faut avancer l’épisode d’une minute30 si vous ne souhaitez pas entendre ces détails ! Traditionnellement, le seppuku était réalisé dans un temple en s’ouvrant l’abdomen à l’aide d’un wakizashi, qui est un sabre court propre au samouraï. La forme traditionnelle consiste en une ouverture transversale (dans la largeur), juste au-dessus du nombril. Il existe une version moins honorable et moins douloureuse dans laquelle un « ami » si l’on peut l’appeler ainsi, coupe la tête pour une mort instantanée. Le seppuku comporte enfin une version encore plus douloureuse, qui demande le plus de courage : il s’agit du jumonji-giri, qui consiste à rajouter une coupe verticale (de haut en bas) à la coupe horizontale. Cependant la forme traditionnelle était rarement appliquée, la plupart des samuraïs qui s’adonnaient au seppuku tenaient dans leur main le wakizashi et, dans la plupart des cas, l’ami tranchait la tête du samuraï avant même qu’il se soit éventré. Certains tenaient même un simple éventail dans leur main en guise de sabre symbolique.
Petite précision qui a son importance dans l’histoire des genres au Japon : le suicide ritualisé seppuku était un rituel masculin. Les femmes nobles et épouses de samouraïs pratiquaient quant à elles le jigai, une forme de suicide consistant à se trancher la gorge (carotide) avec un poignard.
À ce stade, il me paraît important de faire une petite parenthèse sur le suicide et le Japon. On dit souvent, et vous l’avez certainement entendu, que les Japonais sont un peuple suicidaire. Cette idée, qui est notamment dénoncée dans le podcast Préjugés de France Inter, a été véhiculée par des récits tels que celui des 47 ronins et aussi par les aviateurs kamikaze de la 2de Guerre Mondiale. Et certains utilisent même cet argument pour discréditer tout discours parlant du bien-être à la japonaise. Car dans notre culture européenne moderne, se donner la mort est un acte mal perçu, traditionnellement associé au péché. Loin de moi évidemment l’idée de faire l’apologie du suicide, mais il me semble intéressant de considérer cette différence de perception. D’un côté un acte de bravoure, de l’autre un acte indigne.
Or, et quand bien même le suicide ne soit pas aussi mal perçu au Japon que dans nos sociétés d’héritage judéo-chrétien, il faut savoir que cet acte de seppuku a de tout temps été extraordinaire au sens d’in-habituel. Et du reste, d’après les statistiques actuelles, le Japon n’est pas un peuple spécialement suicidaire et se situe en 25e position, après des pays comme les Etats-Unis, la Belgique, ou encore la Finlande.
Cette parenthèse fermée, revenons une dernière fois à nos valeureux samouraïs.
Parce que leur vie est dédiée à cette voie, les samouraïs considérent leurs armes comme des objets sacrés. Le sabre en particulier, est pour le samourai un objet dont la lame symbolise son âme. Retirer d’un geste lent la lame du fourreau, ou rapidement, le faire tinter sur le sol ou vivrer dans l’air était en soi un langage silencieux. Seule la caste des samourai est autorisée à porter le daishô, un ensemble de deux sabres comprenant le sabre long « katana » et le sabre court dont on a parlé plus tot, le wakasashi.
En parallèle à l’art du maniement du sabre, les guerriers conçoivent également une philosophie appropriée à l’utilisation de l’arc « kyudo », la voie de l’arc. Ils s’inspirent des arcs des guerriers mongols qui tentèrent d’envahir le Japon à deux reprises au 13e siècle, en augmentant leurs dimensions. Se servir d’un si grand arc demandait un équilibre de tout le corps et une très grande concentration. Les archers devaient se préparer mentalement et purifier leur esprit afin de ne faire qu’un avec la cible. « Ce que l’archer vise, c’est le centre de lui-même » écrit à ce sujet l’historienne de l’art et spécialiste d’art japonais ancien Nelly Delay dans son livre « Le Japon éternel » aux Editions Gallimard.
Après la bataille de Genpei au 12e siècle qui établit le shogunat et la caste des samouraï au pouvoir, la double invasion des Mongols au 13e siècle finit de les consolider au pouvoir. Ces invasions ont lieu en 1274 et 1281, et sont impulsés par l’empereur Kubilai Khan, petit-fils de Genghis Khan, le même qui employa Marco Polo et qui gouverna sur la Mongolie, la Chine ou encore le Vietnam. Les samouraïs parviennent les deux fois mais de justesse à repousser l’envahisseur. Saviez-vous d’ailleurs qu’avant d’être attribué aux aviateurs de la seconde guerre mondiale, le terme « kamikaze » avait été utilisé pour parler de la manière dont miraculeusement avait été repoussée la 2 invasion ? Lors de celle-ci invasion, les Mongols débarquèrent dans la baie de Hakata près de Fukuoka avec plus de 150 000 hommes et une nette supériorité technique. Mais avant qu’ils ne parviennent à déployer leurs forces, un typhon détruit leur flotte. Les Japonais saluent celui-ci en le baptisant « kamikaze » qui signifie « vent divin ».
Les XIV et XVe siècle, sont d’après les historiens une période de confusion politique et de désintégration du pouvoir central avec une guerre des clans. Cette évolution résulte de l’accroissement du nombre des chevaliers qui rend impossible le maintien des liens personnels de fidélité, liens de fidélité qui faisaient la structure du régime de Kamakura. Au XVIe siècle émerge la figure des daimyo, véritables suzerains locaux qui contrôlent des régions entières. L’art de la guerre se transforme également avec l’introduction des premières armes à feu et qui renverse l’équilibre des forces à l’occasion de la bataille de Sarashino en 1575. Cette bataille oppose le clan Takeda et celui du plus modeste clan Oda, dirigé par Oda Nubonaga. Pour plonger dans cette époque, je vous recommande le documentaire « Le temps des samouraïs » actuellement sur Netflix. Oda Nobunaga, à la tête d’un clan plus modeste, passe un accord avec les Jésuites et avai reçu des amrles à feu en échange de leur conversion. Sur le champ de bataille de Sarashino, il fit pour la première fois usage d’armes à feu derrière des palissades de bois. Le clan Takeda fut décimé et disparut définitivement en 1582. Cette bataille restée célèbre marque le début d’un changement complet dans la société féodale et porte un coup fatal au bushido : l’honneur déserte le champs de bataille au profit de l’efficacité des coups portés.
La guerre des clans prend fin avec le siège du château d’Osaka en 1615 qui consacre la victoire d’un capitaine d’Oda Nobunaga, Ieyasu, chef du clan Tokugawa. Il installe le pouvoir à Edo, ancien nom de Tokyo, qui restera jusqu’à aujourd’hui le centre du pouvoir. En 1636 son successeur ferme les portes du Japon au reste du monde, en interdisant à tout Japonais de se rendre à l’étranger et s’oppose au retour dans l’archipel des sujets nippons résidant sur le continent. Les Portugais sont chassés, et moyennant un contrôle des plus sévères, seuls les marchands chinois et hollandais ont la possibilité de commercer via le port de Nagasaki. S’ensuit 2 siècles de paix civile appelée l’ère Tokugawa, où le pays est sous étroite surveillance, comme pétrifié dans une structure féodéale figée, au détriment de l’ouverture sur le monde et du progrès social et économique. Cet état allait voler en éclat à la réouverture du pays au reste du monde au 19e siècle pendant l’ère Meiji. Mais ceci est une autre histoire…
Que conserve le Japon d’aujourd’hui de l’ère des samouraïs ? Dans son Histoire du Japon, Reischauer écrit en 1946 ces mots « pour le féodal nippon, la loyauté personnelle et les liens sacrés de la famille sont par essence inviolables. Le tempérament national japonais a emprunté à cet idéal chevaleresque deux de ses vertus essentielles : le mépris de la souffrance physique et de la mort et la fidélité indéfectible aux engagements souscrits. » Et à l’heure actuelle, si l’on a heureusement plus l’occasion de mettre à l’épreuve la résistance à la douleur, le sens de l’engagement reste sans aucun doute une valeur très importante au Japon.
Le samouraï laisse aussi derrière lui l’image d’un homme épris d’idéal et au courage inoxydable. Notre épopée sur plus de 7 siècles s’arrête donc ici, je vous donne rendez-vous pour l’interview de février avec ce rébus : mon premier est la troisième note, mon deuxième est un contenant très pratique, tant pour le jardinier que le maçon !
Après l’épisode mensuel, voici l’interview du mois qui fait son retour. Et pour cette rentrée, j’ai la joie d’inviter June Fujiwara, autrice japonaise vivant à Paris. Dans cet entretien, nous allons notamment parler du bien-être à la japonaise, de cuisine évidemment, et de la fascination réciproque qui lie nos deux pays. Episode 33, c’est parti !

Crédit photo : Amélie Marzouk
Le petit questionnaire Tsukimi :
- Son plat japonais salé préféré : Les soba.
- La douceur japonaise qu’elle aime par-dessus tout : La yaki-imo, la patate douce japonaise grillée.
- Son goût ou parfum préféré : Le parfum du hojicha.
- Si elle était un goût ou un parfum japonais : L’odeur de la glycine, qui se dit « fuji » en japonais, comme mon nom.
- Sa saison préférée : L’automne sans hésiter, dont elle adore la mélancolie.
- Sa bonne adresse autour du Japon en France : La Maison Biën à Paris.
- Sa bonne adresse au Japon : La pâtisserie Hatsuné à Tokyo.
- Son mot japonais préféré : Itadakimasu, l’équivalent de notre « bon appétit », mais qui veut dire tellement plus : on remercie humblement la nature et la personne qui a cuisiné.
- Son conseil lecture : La Parfaite Tokyoïte, aux Editions Les Arènes, dans lequel elle partage tout ce qu’elle aime faire à Tokyo.
- Son invité : Le fou de sushi Jad Ibrahim. Et aussi la fondatrice de Maison Bien, Keiko Suyama.
Références :
- Son compte Instagram : @junettejapon
- Omotenashi : l’hospitalité à la japonaise. Pour plus d’info, voir ce lien : https://www.japan-experience.com/fr/preparer-voyage/savoir/comprendre-le-japon/omotenashi-hospitalite-japonaise-accueil
- Maison Biën : https://bijo.paris/pages/bien-paris?srsltid=AfmBOor0uUoexD2QzqceieTZrRK0QUlR8qReFWIEuesiOXvpB0CRObuf
- Hatsune, pâtisseries et salon de thé à Tokyo : https://maps.app.goo.gl/Zeuj41gqHB8uaLkw7?g_st=iw